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	<title>Nick Carraway &#187; Internet</title>
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	<description>Quotes et essais</description>
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		<title>Pour les Européennes, Libé fait confiance aux blogueurs</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:49:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous fais part du blog ouvert aujourd’hui par la rédaction de libé.fr. Vous m’y retrouverez jusqu’au 7 juin pour chroniquer la campagne européenne en compagnie d’autres glorieux contributeurs : Pierre Catalan, l’excellent Eurojunkie, Eric L’Helgouac’h de touteleurope.fr, Alexandre Delaigue d’Econoclaste, et mes deux camarades Dagrouik et Authueil. Une dream team plutôt de droite, ça change pour une fois ! Retrouvez-nous dès à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous fais part du blog ouvert aujourd’hui par la rédaction de libé.fr. Vous m’y retrouverez jusqu’au 7 juin pour chroniquer la campagne européenne en compagnie d’autres glorieux contributeurs : Pierre Catalan, l’excellent Eurojunkie, Eric L’Helgouac’h<span id="more-112"></span> de touteleurope.fr, Alexandre Delaigue d’Econoclaste, et mes deux camarades Dagrouik et Authueil. Une dream team plutôt de droite, ça change pour une fois !</p>
<p>Retrouvez-nous dès à présent sur ce blog collaboratif qui a pour objectif de chroniquer la campagne européenne selon divers points de vue. Pour ma part, j’essaierai plutôt de parler de la campagne en France. Vous pouvez lire dès à présent mon manifeste : « Nous sommes les baltringues de l’Europe ».</p>
<p>A très bientôt !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Députés godillots : une initiative ambigüe</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:45:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La vie de la cité]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis quelques temps, les initiatives citoyennes de contrôle parlementaire se multiplient : classement de l’activité des députés européens, même chose en France, et maintenant le site des députés godillots. Louable initiative, tant les escarmouches et les chausses-trappe sur la loi Hadopi ont montré que le métier parlementaire est parfois un camp de vacances. Le site établit donc des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques temps, les initiatives citoyennes de contrôle parlementaire se multiplient : classement de l’activité des députés européens, même chose en France, et maintenant le site des députés godillots. <span id="more-105"></span>Louable initiative, tant les escarmouches et les chausses-trappe sur la loi Hadopi ont montré que le métier parlementaire est parfois un camp de vacances.</p>
<p>Le site établit donc des fiches précises concernant les godillots, en fonction du nombre de leurs interventions en séance et de leur activité parlementaire. Comme le relève très justement mon camarade Authueil, un tel classement est à prendre avec des pincettes, tant les critères pour établir un classement sont assez ardus à réunir et ne peuvent en aucun cas se résumer à des données de présence. En outre, un « bon » député n’est pas nécessairement un député « hyperprésent » : l’efficacité du député est une part importante de ses compétences, et cette efficacité n’est pas aisée à définir selon une liste de critères !</p>
<p>L’initiative est intéressante et documentée : on n’est clairement pas avec ce site dans le sillage de tous ces blogs pseudo-vigilants qui passent leur temps à faire du député-bashing très primaire. Toutefois, je soulève un point important à prendre en compte : il ne faut pas que le contrôle se résume à débusquer les godillots ! Tout processus de contrôle est par nature négatif, en ce sens qu’il se focalise sur les points noirs. Le site propose donc également une liste des anti-godillots, afin de faire le pendant à ceux qui sont vilipendés. Attention donc à ne pas verser encore une fois dans un antiparlementarisme trop systématique en France depuis la République des Jules…</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Libertas contre-attaque</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:29:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que la majorité des partis, surtout le PS et l’UMP, tardent à s’organiser, le parti Libertas, « l’accord programmatique conjoncturel » entre Nihous et de Villiers (appréciez la jolie novlangue qui évite de parler d’alliance), a entamé sa stratégie de communication antieuropéenne en frappant fort ; faut dire qu’ils y mettent les moyens sur ces européennes. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que la majorité des partis, surtout le PS et l’UMP, tardent à s’organiser, le parti Libertas, « <em>l’accord programmatique conjoncturel</em> » entre Nihous et de Villiers <span id="more-93"></span>(appréciez la jolie novlangue qui évite de parler d’alliance), a entamé sa stratégie de communication antieuropéenne en frappant fort ; faut dire qu’ils y mettent les moyens sur ces européennes.</p>
<p>Pour le moment, le PS a produit une petite vidéo pseudo-virale représentant Nicolas Sarkozy sur Facebook. Elle fait sourire, mais est quand même d’assez mauvaise qualité. C’est bourré de clichés (le clavier en or…), l’imitation est mauvaise (et ça décrédibilise la vidéo), et la réalisation pas forcément très réaliste pour le coup (la navigation sur l’écran est simulée informatiquement). Libertas, à l’inverse, vient de livrer deux vidéos virales où l’on sent qu’on a mis le paquet pour les produire. Ils ont repris la technique de Mozinor, connu pour ses détournements de vidéos, surtout celle sur Luc Besson, en parodiant Star Wars.</p>
<p>Je vous laisse apprécier. Malgré toute la non-considération que j’ai pour les souverainistes bruxellophobes, je suis obligé de leur tirer un grand coup de chapeau. Maintenant, restent aux autres partis à répondre sur le même mode et avec le même film !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>To link or not to link</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:25:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est souvent dans la vie de tous les jours que surgissent, au hasard du quotidien, des réflexions et des idées. A l’instant même, je viens d’assister à un petit ballet qui m’a laissé profondément songeur. En ce week-end pascal d’ordinaire bien vide, la résurrection du journal 20ans nous a sauvés, par son bad buzz, d’un morne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est souvent dans la vie de tous les jours que surgissent, au hasard du quotidien, des réflexions et des idées. A l’instant même, je viens d’assister à un petit ballet qui m’a laissé profondément songeur.<span id="more-87"></span></p>
<p>En ce week-end pascal d’ordinaire bien vide, la résurrection du journal 20ans nous a sauvés, par son bad buzz, d’un morne ennui que pas même l’ingestion parfois émétique d’œufs en chocolat n’aurait pu combler. Le journal 20ans donc, englouti comme tant d’autres titres de presse par l’indigence de ses ventes, renaît de ses cendres après trois ans d’absence. Jeudi, on apprenait que la rédactrice en chef était une jeune femme de 19 ans ; le jour-même, un mème était lancé. Mais derrière le vernis glossy de la nouvelle, le bad buzz s’est très vite installé. Plusieurs blogueuses ont publié le mail envoyé par la rédaction qui leur propose des piges à 20 euros. Des blogueurs relaient le buzz, d’autres analysent. Le site 20minutes.fr porte l’estocade et assassine la campagne de com’ de la nouvelle mouture. Finalement, ce soir, la rédaction de 20ans se roule dans le ridicule en menaçant de procès ceux qui ont relayé l’article de 20minutes.fr.</p>
<p>Parmi ceux qui ont parlé de l’affaire, un blogueur s’est montré particulièrement élogieux. Mry est parfois en délicatesse avec les femmes, qu’il n’hésite pas à traiter de salopes, de putasses, à faire poser nues dans un buzz blog. Mry est détesté des féministes, apprécié des geekettes, comme quoi le féminisme n’est pas le combat de toutes les femmes. CyCee, talentueuse blogueuse féministe, en publiant cet article, a linké Mry. Horreur et sacrilège ! Immédiatement, la faute est dénoncée, et CyCee retire son lien en lui substituant celui-ci, dont le titre est évocateur : « Mry est un con ».</p>
<p>Tout ceci me laisse songeur. Que représente un lien dans le monde de la blogosphère ? Dans cette petite parabole, j’y vois clairement la définition d’un lien comme vecteur d’une puissance, celle de la visibilité. Ici, le lien est un appeau à Wikio. Linker Mry, c’est contribuer à le référencer, à le faire grimper dans les classements et donc à le rendre encore plus visible, lui dont les propos, pour ceux qui refusent de le linker, ne valent pas d’être mis en tête de gondole.</p>
<p>Or, je me trouve ici clairement en porte-à-faux. Lorsque je linke, je ne le fais pas par égard pour telle ou telle personne. Je ne me refuse pas à linker tel blogueur ou tel autre parce qu’il n’a pas la même étiquette politique que moi, par exemple. Comme vous vous en apercevrez dans cet article, je donne au lien une double fonction :</p>
<ol>
<li><strong>Resituer l’article du blog dans une chaîne de publication</strong> : un blogueur est la plupart du temps inspiré par une matière. La blogosphère politique, surtout, est plus souvent commentatrice que productrice d’information. Nos sources sont soit des articles de presse en ligne, soit des articles lus ici et ailleurs. Linker, c’est donc signifier au lecteur le chemin qui a mené à l’écriture du billet. Par le lien, nous l’invitons à remonter le courant de l’information, parfois dans ses nombreux méandres comme je l’ai fait dans la parabole de 20ans.</li>
<li><strong>Donner au lecteur les clés de lecture</strong> : je blogue comme je rédige. En tant que padawan historien (plus pour longtemps), je suis obligé de donner la source de tous mes propos. Le link n’est autre qu’une note de bas de page qui permet de localiser le propos avancé pour permettre à chacun de vérifier la véracité de mes propos s’il me trouve suspect, ou de retrouver aisément le matériel que j’ai mobilisé pour, à son tour, critiquer, prolonger, ou dériver à partir de ce que j’ai dit.</li>
</ol>
<p>Dans les deux cas, il s’agit ni plus, ni moins, que de s’insérer dans une gigantesque et tentaculaire communauté d’information. A mon humble échelle, cela impose non pas de considérer le lien en fonction de la personne qui l’a commis, mais sur son contenu. Peu m’importe que je ne partage pas le propos de celui que je linke, ou que mon lien est une contribution à sa visibilité à cause de la stupidité de l’algorithme Wikio : si j’en suis amené à parler de lui, c’est qu’il m’inspire une réflexion que je compte partager à mes lecteurs, réguliers comme de passage. Et c’est pour cette raison que je me sens obligé de linker, parce qu’il est une partie intégrante du processus de blogging et qu’à ce titre, il doit être inséré dans la chaîne de production de l’information et de germination de ma réflexion.</p>
<p>Et naturellement je pense que tout le monde devrait faire de la sorte.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Dictionnaire posthume du capitalisme ?</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:14:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans quelques jours sortira le Dictionnaire posthume de la finance, coécrit par David Abiker,  journaliste bien connu des blogueurs, et Évariste Leuvre, économiste à Natixis. Pour l’occasion, ils ont mis en place un petit site collaboratif qui propose aux blogueurs de faire la définition de quelques mots associés à la grande débâcle financière et à l’effondrement des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans quelques jours sortira le <em>Dictionnaire posthume de la finance</em>, coécrit par David Abiker,  journaliste bien connu des blogueurs, et Évariste Leuvre, économiste à Natixis. Pour l’occasion,<span id="more-75"></span> ils ont mis en place un petit site collaboratif qui propose aux blogueurs de faire la définition de quelques mots associés à la grande débâcle financière et à l’effondrement des objets ostentatoires de la réussite matérielle : stock-options, banksters, crise… mais également Rolex et achats par les blogueuses modes qui ont aussi leur bon mot à livrer sur la crise ambiante !</p>
<p>Alors j’ai également participé, et j’ai soumis une définition. Elle tranche un peu avec le titre du <em>Dictionnaire</em>, puisqu’elle interroge le mot « <em>posthume</em> » : mort ou pas, le capitalisme ?</p>
<blockquote><p>Mort, le capitalisme ? Occises, les stock-options ? Eradiqués, les financiers véreux ? Moralisée, la frénésie spéculatrice sur des actifs fictifs ? C’est ce qu’on aimerait tous croire.</p>
<p>Toutes proportions gardées, la grande entreprise de salubrité financière que les gouvernements mondiaux organisent depuis plusieurs mois à coups de déclarations fracassantes, a tout du processus de résilience. En physique comme en psychologie, la résilience, c’est la capacité à subir un choc sans se déformer, à subir un traumatisme sans sombrer dans une profonde dépression. Alors nous parlons de choc, de krach, nous réfléchissons aux causes, nous prévoyons les conséquences, nous déterminons les prescriptions nécessaires ; en un mot, nous parlons du mal, pour ne pas que la mal nous emporte. Le G20 ressemblait à s’y méprendre à une grande communauté résiliente, les mêmes que celles que l’on met en place quand les tornades et les inondations s’abattent sur un pays.</p>
<p>Mais le capitalisme, lui-même, n’est-il pas aussi résilient ? Il vient de subir un choc profond en plongeant les places boursières dans la pagaille financière, ceux qui le manipulent sont vilipendés par tous, ses grands manitous comme Madoff sont derrière les barreaux, les parachutes dorés sont criblés de balles dès que les grands patrons sautent du navire volant, ceux qui s’en gobergent comme les cadres d’AIG sont voués aux gémonies gouvernementales et menacés fermement par les autorités publiques de voir leurs profits hautement taxés. Et pourtant, a-t-on eu l’impression que quelque chose avait vraiment changé, que la pantalonnade de la liste grise-noire des paradis fiscaux avait une quelconque utilité dès lors que certains paradis fiscaux bien cachés dans les pays du G20 étaient subtilement omis ?</p>
<p>Et si la capitalisme pouvait subir un krach profond sans jamais se déformer et tout continuer comme avant ? Ce serait vraiment pas de bol.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Classement Wikio : le clitoris est-il un pénis atrophié ?</title>
		<link>http://nickcarraway.fr/classement-wikio-le-clitoris-est-il-un-penis-atrophie/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:02:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Ah, Wikio ! Je me souviens de mes premiers émois du mois de mai dernier où, tout hardi de mon classement dans le Wikio ancien régime, je me prenais des rêves degrandeur… et de profondeur auprès d’anciennes gloires du classement qui en sont désormais sorties. Wikio, finalement, est un rocher de Sisyphe. Soyez en bas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, Wikio ! Je me souviens de mes premiers émois du mois de mai dernier où, tout hardi de mon classement dans le Wikio ancien régime, je me prenais des rêves degrandeur… et de profondeur auprès d’anciennes gloires du classement qui en sont désormais sorties.<span id="more-63"></span></p>
<p>Wikio, finalement, est un rocher de Sisyphe. Soyez en bas du classement, et vous êtes sur le versant ascendant, vertueux, et Wikio n’a que des avantages en termes de visibilité et de socialisation. Soyez en haut du classement, et celui-ci ressemble pour vous à la lex de maiestate antique : une liste hiérarchisée de noms à abattre. Soyez en haut, et ce n’est que concert de critiques aigres, qui vous poussent souvent à demander à Saint Wikio de vous retirer de son annuaire.</p>
<p>J’ai déjà exprimé mes critiques envers Wikio. D’autres que moi le font aujourd’hui. Ce n’est plus un secret de polichinelle : Wikio est pollué par des stratégies de linking mutuel afin de truster artificiellement les premières places. J’avais déjà décrié ce genre de pratiques il y a un an avec d’autres acteurs. Aujourd’hui, un nouvel avatar de ces filouteries blogosphériques apparaît avec la sortie du classement d’avril : dans plusieurs catégories du classement, les blogs féminins venus des tréfonds insondés et quasi-invisibles de la blogosphère font des remontées spectaculaires, jusqu’à détrôner par surprise des vieux barons installés.</p>
<p>Certaines femmes s’en félicitent. Enfin, dans Wikio, il y a des femmes aux premières places du classement politique ! Enfin, les femmes sont reconnues comme bonnes à autre chose qu’à causer couture ou chiffons ! Enfin, la blogosphère politique, machiste forcément, est renvoyée à ses chères études par cette poussée d’œstrogène printanière !</p>
<p>C’est que depuis quelques temps, la blogosphère féminine s’organise. Il y eut d’abord ce collectif des Femmes Engagées, porte-étendard de la parole féminine sur le politique et les sujets de société, aspirateur à liens et finalement catalyseur d’une stratégie globale parmi les blogueuses politiques de linking mutuel qui depuis deux mois leur font gagner de nombreuses places. Une certaine blogueuse justifie cette filouterie vis-à-vis de l’algorithme de Wikio par le fumeux projet de rendre visible une blogosphère politique féminine, avec de nouveaux regards, d’autres sensibilités, d’autres sujets de prédilection aussi. J’ai déjà à ce sujet exprimé de profondes réserves. Le précepte machiavélien qui veut que la fin justifie les moyens me laisse vraiment de marbre.</p>
<p>Après avoir écouté les arguments de certains défenseurs de ces démarches d’autopromotion pseudo-charitables, je me suis dit que peut-être, effectivement, ces stratégies de visibilité artificielle pouvaient nous faire découvrir d’autres blogs tenus par des femmes. Encore que nombreux sont les hommes du classement Wikio à ne pas prêter attention au sexe de l’auteur, et à être accoutumés à lire des blogs de femmes, qui n’ont pas attendu ce cirque blogosphérique pour se faire entendre !</p>
<p>Sauf que ce qui apparaît comme un processus innocent est en fait d’une grande hypocrisie. Chez Olympe, on est au royaume d’Ubu : elle qui plaide pour une coexistence harmonieuse et pacifiée des hommes et des femmes dans les sphères économiques, médiatiques et de pouvoir, bref une parité totalement acceptée et perçue comme naturelle, joue les guerrières, couteau entre les dents, en ce qui concerne Wikio. Citation :</p>
<blockquote><p>« <em>C’est un peu comme dans la vraie vie, quand des femmes arrivent à quelque sommet on les accuse généralement d’avoir couché. Comme cela semble difficile dans le cas présent c’est donc qu’elles ont utilisé des outils déloyaux. Effectivement elles se sont linkés outrageusement, sauf qu’elles n’ont pas inventé cette pratique qui a largement fait ses preuves par le passé pour les blogs high tech ou les lefts blogueurs. On ne voit donc pas pourquoi ce serait réservé aux hommes.</em> »</p></blockquote>
<p>Encore et toujours cette vieille antienne qui sent le renfermé. Soyez critiques, et vous êtes machistes. Soyez un poil caustique, et votre prostate est atrophiée. Ces arguments sexistes sont prisés des femmes, comme je le disais dernièrement. Sauf qu’à avancer à chaque fois le mors entre les dents, on n’adoucit jamais rien. Ça me rappelle ceux qui s’escriment à hurler pour demander le silence ou à guerroyer de manière dispendieuse pour avoir la paix. Un peu contradictoire.</p>
<p>Et puis, arrêtons l’hypocrisie avec Wikio. Il y aurait donc d’un côté les hommes qui s’intéressent au classement Wikio pour faire un concours de quéquettes, et les femmes, qui se serviraient de Wikio de manière totalement non narcissique ? Arrêtons avec ce vieux concept des filles qui naissent dans les roses et les garçons dans les choux. Non, les filles ne sont pas différentes des garçons : pénis ou clitoris, même combat, ça gonfle quand c’est excité, et truster le classement Wikio c’est le shot d’adrénaline du début de mois pour le blogueur. Arrêtons de nous cacher derrière des paravents fallacieux de ceux qui le font pour la gloriole, et ceux qui le font pour le Socialisme, le Féminisme, ou tous les autres concepts faussement essentialisés pour justifier son reflet dans le miroir.</p>
<p>Je reste toujours surpris de ce combat absolu de la femme pour la parité partout, comme si c’était un but en soi. Comme disait Renaud dans sa chanson « <em>Miss Maggie</em> » : « <em>un génocide, c’est masculin, comme un SS, un torero </em>» (amitiés au Toréador par ailleurs — hop, un lien). Allez-vous Mesdames, exiger la parité dans les exactions guerrières, les scandales boursiers, les crimes patronaux ?</p>
<p>Le perdant, dans toute cette histoire, c’est Wikio et ces blogs féminins. On se fait mousser, on remplace quantité par qualité, ou en tout cas on fait considérer que la quantité est un gage de qualité, ce qui n’est pas toujours le cas. Wikio est critiqué parce qu’il est subvertible et bouffon dans sa hiérarchisation des producteurs de contenus, et les blogs féminins se font ouvertement critiquer parce qu’ils grimpent autrement que par un talent « naturel ». Fermez le ban !</p>
<p>Et rassurez-vous, Mesdames : nos prostates vont bien.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Décadence début-de-siècle</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:59:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Décidément, la blogosphère est un écosystème qui grouille de vie. Sous la canopée du classement Wikio les blogs se déplacent, naissent et disparaissent, s’agrègent et se délitent. Un nouveau réseau de blogs semble se mettre en place : Renovatio Occidentalis. Ce qui les lie, c’est une même sainte horreur de la décadence de l’Occident à l’heure [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Décidément, la blogosphère est un écosystème qui grouille de vie. Sous la canopée du classement Wikio les blogs se déplacent, naissent et disparaissent, s’agrègent et se délitent. Un nouveau réseau de blogs semble se mettre en place : Renovatio Occidentalis.<span id="more-60"></span> Ce qui les lie, c’est une même sainte horreur de la décadence de l’Occident à l’heure de la réintégration de la France dans l’OTAN et de sommets internationaux qui contribueront peut-être à donner une nouvelle impulsion à ce XXIe siècle naissant.</p>
<p>Certains crient déjà au loup. Fascistes ! nazis ! Ce sont les mêmes qui ont la pensée un peu courte, et souvent hémiplégique. Les mêmes qui hiérarchisent les extrêmes, rejettent culturellement l’extrême-droite mais accueillent à bras ouvert l’extrême-gauche en adoptant par jeu certains de ses codes linguistiques (goulag, Politburo), certes désubstantialisés. Les mêmes pourtant qui crieraient à l’horreur si l’on utilisait les mots de <em>stalag</em>, d’<em>oflag</em>, si un patron cynique lâchait à des ouvriers grévistes le terrible adage inscrit sur le linteau du portail en fer forgé qui mène au camp d’Auschwitz : « <em>Arbeit macht frei</em> ». Certains autres comme Le Chafouin<sup>1</sup>, dont j’apprécie de plus en plus les positions posées et intellectuellement honnêtes, rejettent avec vigueur ces paresses intellectuelles.</p>
<p>Pourquoi <em>Renovatio Occidentalis</em>, au-delà des idées qui sont les siennes et dont il appartient à chacun de juger son degré de proximité avec elles, est en soi intéressant ? Parce qu’il renseigne sur les mouvements décadentistes dans leur ensemble. D’une certaine manière, il y a du Robert Aron dans Criticus, certes avec moins de talents de prosateur et même d’intellectuel, mais une même crainte de la dissolution morale d’une nation entière. En 1931, Robert Aron publiait <em>Décadence de la Nation française</em> et le <em>Cancer américain</em>, deux vitrines du groupe de droite conservatrice <em>Ordre Nouveau</em>, l’un des piliers, avec la revue <em>Esprit</em> d’Emmanuel Mounier, du mouvement personnaliste français<sup>2</sup>. Pour les personnalistes français, la faillite morale provenait à la fois de l’individualisme issu de la pensée capitaliste et du reflux du spirituel. Rénover la nation et la pensée françaises passait donc pour eux par la recherche d’une troisième voie entre marxisme et capitalisme, et par le retour de la <em>Primauté du spirituel</em>, comme le titrait le philosophe catholique Jacques Maritain en 1927.</p>
<p>Nous sommes effectivement en ce moment dans une période où nous interrogeons les moindres aspects de notre société. La crise économique mondiale et les tribunaux d’Inquisition morale qu’on dresse sur la place publique pour juger les patrons engraissés amoralement aux stock-options et aux retraites dorées nous imposent de faire une introspection du modèle capitaliste actuel et de corriger immédiatement les dérives qui sont les siennes, dussent-elles le vider de sa substance. Les nouveaux enjeux géopolitiques et les déplacements des foyers de conflit qui ont suivi le 11 septembre nous imposent eux aussi de considérer un nouvel ordre mondial, qui passe par la question de la sécurité mondiale et des jeux d’alliance. Quant à la pensée… voilà plus de vingt ans que l’on fait le procès d’un Occident désintellectualisé, où la vie intellectuelle est repoussée aux marges des salons feutrés, repliée sur de l’entre-soi.</p>
<p>Ce procès de la faillite culturelle et intellectuelle est-il juste ou biaisé ? Chacun jugera. Quoi qu’il en soit, la situation actuelle, toutes proportions gardées, n’est pas sensiblement différente à celle des années 30, avec cette impression d’un monde qui craque de toutes parts, dont on ne sait pas encore ce qu’il peut sortir. Ce matin, les radios revenaient sur les violents incidents de Strasbourg ; depuis la crise économique, quand la violence descend dans la rue, la comparaison avec le 6 février 1934 titille certains. D’autres prédisent une troisième guerre mondiale avec le monde musulman. D’autres enfin sont persuadés que la crise économique est équivalente à celle de 1929. Difficile de dresser une comparaison scientifiquement satisfaisante d’un point de vue historique. Ce qui importe le plus, peut-être, ce n’est pas tant que les faits soient identiques, c’est la comparaison possible de la symbolique : un monde est peut-être en train de mourir, à nous de le rénover (droite) ou de le reconstruire (gauche).</p>
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		<title>Les étiquettes</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:51:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cela fait plusieurs semaines que je rumine ce billet. Depuis quelques temps dans la blogosphère politique, la question des étiquettes est un sujet de débat stérile mais qui pourtant agite tout le monde. Il y a d’abord eu le psychodrame LHC, initié par certains blogueurs de gauche. Depuis hier, c’est latragédie Renovatio Occidentalis qui fait bruire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait plusieurs semaines que je rumine ce billet. Depuis quelques temps dans la blogosphère politique, la question des étiquettes est un sujet de débat stérile mais qui pourtant agite tout le monde. <span id="more-54"></span>Il y a d’abord eu le psychodrame LHC, initié par certains blogueurs de gauche. Depuis hier, c’est latragédie Renovatio Occidentalis qui fait bruire ses fuseaux. Ce soir, je lis un twitt de Marc Vasseur très éloquent.</p>
<p>Que lit-on à chaque fois ? Qu’untel est de droite, qu’untel est un fasciste. Voilà une attitude extrêmement révélatrice.</p>
<p>Derrière le vernis classificatoire se cache en fait un sectarisme très marqué. Il ne s’agit pas de classer les blogs sur l’échiquier politique par plaisir de savoir à qui l’on parle, mais pour savoir qui est respectable et qui ne l’est pas. A gauche, on fonctionne volontiers en circuit clos : les blogs de gauche lisent des blogs de gauche, où chacun est quasiment d’accord sur tout, et surtout n’allons pas linker ou commenter chez les frères ennemis de la droite, ça tacherait les esprits. A droite, c’est presque quasiment pareil, encore que la blogosphère de droite est moins développée.</p>
<p>Avez-vous vu comme le dialogue est impossible entre les différentes sensibilités ? C’est le magnifique triomphe des étiquettes. On les colle sur le front des blogueurs pour mieux les identifier de loin. Avec cette idée très foucaldienne et très lacanienne que le lieu précède le discours, en clair que votre étiquette parle avant vous-même. Et c’est parce qu’on colle ces fichues étiquettes que la blogosphère se sectarise de jour en jour : impossible d’être d’accord avec un mec de droite quand on est un blogueur de gauche, c’est juste politiquement impensable. Pas étonnant, donc, que sur certains blogs militants, il devienne impossible d’apporter la moindre contradiction, comme chez CSP et Dagrouik. A chaque fois qu’on y va, même en étant neutre et doucereux, c’est un tombereau d’injures qui vous pleut dessus.</p>
<p>Pourtant, il me semblait bien que les mêmes qui ont commencé à bloguer peu avant la présidentielle voulaient faire de la blogosphère un lieu d’expression libre, fruit d’une société civile en mouvement, désireuse de porter une parole publique, d’échanger. Il me semblait aussi que les blogueurs formaient une sorte de confrérie, de communauté virtuelle fondée sur la discussion amicale, l’échange. En fait non, le politique s’infiltre partout. On dresse des étiquettes qui ne sont en fait que des cloisons qui servent à tenir l’autre à distance, pour ne pas discuter avec lui. Et mieux rester dans l’entre-soi.</p>
<p>C’est d’ailleurs assez révélateur. Parmi les quelques blogueurs de gauche que je côtoie fréquemment, les seuls avec qui je trouve parfois des points d’accord sontVogelsong et Eric. Les deux ne sont pas encartés. Pour tous les autres, et notamment les ségophiles (voire ségolâtres), il est impossible de leur faire admettre la moindre critique : Ségolène est belle, brillante, elle a raison sur tout. Même chose avec les bayroulâtres incapables de voir plus loin que leur engagement. Mais où donc est passée cette blogosphère impertinente, volontiers irrespectueuse du silence militant que veulent leur imposer les divers bureaux partisans, et qui porte l’esprit critique comme un tatouage tribal au milieu du visage ?</p>
<p>Triste destin de la blogosphère.</p>
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		<title>Pourquoi je n’achèterai pas le numéro 19 de Vendredi</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:42:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La journée de la femme arrive à grand pas, et Vendredi sort un numéro entièrement écrit par des femmes. Comme prévu, ça trolle partout et ça fait débat. Je vous invite à aller lire ici, ici, ici, ici et ici. Ce numéro, je ne l’achèterai pas. Après réflexion, l’orientation féministe du numéro spécial n’est pas nécessairement le pire de mes griefs. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La journée de la femme arrive à grand pas, et Vendredi sort un numéro entièrement écrit par des femmes. Comme prévu, ça trolle partout et ça fait débat. Je vous invite à aller lire ici, ici, ici, ici et ici. Ce numéro, je ne l’achèterai pas.<span id="more-47"></span></p>
<p>Après réflexion, l’orientation féministe du numéro spécial n’est pas nécessairement le pire de mes griefs. Je déplore cependant qu’il soit impossible, au XXIe siècle, d’être un tant soit peu critique envers certains discours et actions féministes sans être taxé de machos qui a des problèmes avec sa virilité. Ces femmes qui crient haut et fort qu’elles veulent faire de la politique autrement et qu’elles ont des qualités que les hommes n’ont pas, visiblement sont incapables de débattre sans se jeter des anathèmes qui ne font pas avancer le schmilblick, et de se remettre en question.</p>
<p>Je fais partie de ceux qui plaident pour l’égalité salariale, pour une meilleure législation qui permettrait de mieux concilier travail et vie familiale, et évidemment pour une meilleure représentation des femmes à l’Assemblée (mais pas uniquement : il y a d’autres composantes sociales qui manquent à l’Assemblée). Pour autant, ça ne m’empêche pas d’exécrer les féministes, qui sont dans leur très grande majorité focalisée sur le chiffre de la parité plus que sur son principe.</p>
<p>Quand je vois Olympe faire des calculs d’apothicaire sur le classement Wikio pour déplorer que sur les 20 blogs politiques les plus influents, il n’y ait pas assez de femmes, je trouve ça risible. De même quand je l’entends dire qu’elle a effectué des statistiques (!) sur les numéros de Vendredi pour connaître le taux de publication des blogs de femmes. Au bout d’un moment, il faut savoir coopérer : ou bien les féministes jouent les inspecteurs des travaux finis et passent leur temps à harceler tous ceux qui n’ont pas atteint la parité, ou bien on est un tant soit peu progressistes et on considère que le principe vaut mieux que le résultat lui-même. Vendredi a toujours publié des blogs de femmes, certes moins que les hommes (et pas pour les raisons machistes qu’évoquent Olympe et d’autres). Il a toujours fait primer le contenu du billet sur leur auteur, même si je trouve depuis quelques numéros que le pool de blogueurs tend à se fossiliser autour d’une vingtaine de blogs.</p>
<p>Encore une fois, on prend un classement qui ne signifie rien pour le détourner à des fins politiques. Le collectif des Femmes Engagées, c’est comme les Left Blogs : se linker mutuellement, se bombarder de commentaires mutuels, pour grimper artificiellement dans le classement. C’est une pure démarche d’affichage. Il s’agit d’attester qu’il y a des blogs féminins qui sont lus et qui sont influents. Influents par leur qualité ? On s’en fiche ! C’est la même démarche que ceux qui prennent à tout prix des femmes sur leurs listes électorales, sans regarder leurs compétences concrètes. Je ne crois pas que ce soit servir la cause des femmes que de les utiliser comme ça.</p>
<p>Si je n’achèterai pas Vendredi aujourd’hui, c’est parce que ce numéro va à l’encontre du projet qu’on m’avait proposé au moment des numéros d’essai. L’objectif de Vendredi, qui figure toujours en slogan en une, c’est « <strong>chaque semaine, les meilleures infos du net.</strong> » Or, ce n’est absolument pas ce qu’on aura dans ce numéro, qui est centré sur la femme. Que Vendredi invite un collectif de femmes à jouer les rédactrices en chef et à sélectionner elles-mêmes les billets, je trouve l’idée très séduisante, et on pourrait la reproduire pour d’autres groupes (blogs de gauche, de droite, européens, etc) : chacun à une sensibilité différente vis-à-vis de l’information, et le pluralisme est une bonne chose. Mais que ces femmes rédactrices en chef d’un jour ne publient que des blogs de femmes, je ne vois pas l’intérêt. C’est l’auteur du blog qu’on veut mettre en avant, et pas l’information qu’il publie ! Le journal est détourné de sa fonction première pour d’autres fins, et ça ne me plaît pas. Comme ça ne me plairait pas de lire un journal qui ne publie que des articles ouvertement de gauche, ou autres combinaisons.</p>
<p>Et pour répondre à celles et ceux qui sont focalisés sur le chiffre de « 1 numéro dans l’année, c’est 1/52e, c’est pas la mer à boire », je répondrai que ça ne change rien. Allez plaider devant un juge que certes, vous avez volé, mais c’était un petit montant. Ca n’enlève en rien le principe initial. Alors certes, ce n’est qu’un numéro, inutile d’en faire toute une montagne. Mais ça n’est pas une raison pour ne pas en parler, ni non plus pour ne pas l’acheter. Il y aura donc un trou dans ma collection, et il y en aura à chaque fois que le journal tombera dans l’entre-soi.</p>
<p>Ce qui ne m’empêche pas de soutenir encore et toujours le projet du journal. Mais avec esprit critique.</p>
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		<title>De Marbella à la République des Blogs</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:25:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ségolène Royal est furibarde. Paris-Match, le journal des politiques-qui-voudraient-vivre-l’über-vie-de-Beyoncé, a publié des clichés pseudo-volés de Ségolène Royal main dans la main avec un homme d’affaires français. Ah la la, ça ne se passera comme ça, qu’elle dit la Ségolène : allez, au trou les journalistes gonzo ! C’est que les photos, publiées juste après son passage en Guadeloupe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ségolène Royal est furibarde. <em>Paris-Match</em>, le journal des politiques-qui-voudraient-vivre-l’über-vie-de-Beyoncé, a publié des clichés pseudo-volés de Ségolène Royal main dans la main avec un homme d’affaires français. <span id="more-36"></span>Ah la la, ça ne se passera comme ça, qu’elle dit la Ségolène : allez, au trou les journalistes gonzo ! C’est que les photos, publiées juste après son passage en Guadeloupe, font un peu « <em>télescopage</em> », comme elle dit. Ah ! les grandes figures de la gauche qui couchent dans des draps de soie avec des barons d’affaires dans des palmeraies sublimes et qui, la braguette rezippée, s’en vont pourfendre le capitalisme destructeur ! Toujours ce paradoxe irrésolu : Julien Dray fait dans ses chausses quand on révèle son goût pour les montres et Ségolène Royal toussotte quand on photographie ses batifoleries andalouses. Du côté de la Madone du Poitou, on crie au viol de la vie privée et à l’avilissement de sa dimension politique, qu’on voudrait décrédibiliser en la rétrogradant au rôle plastique d’icône people. Du côté de <em>Paris Match</em>, on tonne à l’hypocrisie : « Mais la peste soit de la suffisante Ségolène ! Quelle déplorable manie est-ce là que ces hommes politiques qui courtisent les journalistes quand il faut se faire flasher en terrain politique, et qui refusent toute image compromettante ? » Pointe-à-Pitre, touché. En effet, Ségolène est prise à son propre piège. Sa stratégie politique est identique à celle de Sarkozy : monter grâce aux médias. Son voyage en Guadeloupe, c’est communication de tarmac à tarmac. Ses frasques obamaniaques, c’est délire présidentiel et médiatique. Sauf que les médias sont moins bêtes qu’ils en ont l’air : vous leur donnez le doigt, ils réclament légitimement le bras. Si tu veux être star comme Beyoncé, attention dans ce cas à ne pas sortir sans maquillage oulardée comme une truie !</p>
<p>Hier, Benoît Hamon était à la République des Blogs, pour débattre des élections européennes. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a déçu. Tout le monde attendait un débat informel, autour d’une mousse, avec podcasting à mort et éclairages merdiques. Oui mais Benoît il aime pas ça. Il veut contrôler chaque image. Alors on s’arrange pour faire venir CAPA qui se chargera de vendre le sujet à Canal, histoire de montrer que Ben, c’est grave un djeunz politique. De toute façon, blogs ou autres médias, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, comme il l’a dit hier. C’est vrai qu’à l’heure des iPhone et autres sorcelleries technologiques, un petit off qui buzze serait si vite arrivé, comme un doigt un peu turgescent qui gigoterait, ou un montage exclusif de « Euuuuuuuuuh… » Pas bon, pas bon, tout ça, pour la communication.</p>
<p>N’ont-ils pas encore compris que cela ne sert pas à grand chose de vouloir tout contrôler par peur de la petite phrase assassine ? Allez Benoît, viens prendre une mousse à la RDB. Tu verras, les blogueurs aiment bien qu’on ne les prenne pas pour des journalistes charognards ; ils aiment le contact personnalisé et informel, sincère et sans arrière-pensée. Et (mais chut c’est un secret) il paraîtrait même que ça serait une super occasion pour engendrer du buzz positif. Les marques ont commencé à le piger.</p>
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