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	<title>Nick Carraway &#187; Médias</title>
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	<description>Quotes et essais</description>
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		<title>AF 447 : un curieux air de scénario</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 09:55:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme Authueil, je n’ai pas la télé. M’ont donc été épargnées ces images répétitives tournant en boucle depuis hier, entrecoupant même le match de Federer de points info en direct de Roissy. Répétitives, et vides : des points réguliers brodant avec habileté le néant de l’information, du conditionnel et de l’hypothétique qui s’enfilent à longueur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme Authueil, je n’ai pas la télé. M’ont donc été épargnées ces images répétitives tournant en boucle depuis hier, entrecoupant même le match de Federer de points info en direct de Roissy.<span id="more-167"></span> Répétitives, et vides : des points réguliers brodant avec habileté le néant de l’information, du conditionnel et de l’hypothétique qui s’enfilent à longueur de transitions, de l’émotion à la pelle avec ces gros plans sur les familles désespérées errant dans les couloirs de l’aéroport. Depuis hier toujours, un vaste colloque scientifico-médiatique se déploie sous les yeux de tout le monde : mais de quoi donc a bien pu sombrer le vol AF 447 Rio-Paris ? Foudre ? Panne électrique ? Perdition dans une zone de turbulences aux vents violents qui auraient déchiqueté l’avion ? Terrorisme ? Dans une démarche heuristique, ça bouillonne dans l’ébauche des différents scénarios possibles.</p>
<p>Scénario, le mot est bien choisi. Il ne s’agit pas d’une information que ce crash, mais d’une histoire dramatique. Certains journalistes voudraient encore nous faire accroire qu’ils ne sont que des passeurs d’informations, que l’événement se crée par le fruit du hasard et qu’ils en sont le bras emplumé. Mais personne n’est dupe : voilà bien longtemps que les médias participent autant à la forge des événements qu’ils les décrivent.</p>
<p>Alors, quel scénario ?</p>
<p>Cela commence par une disparition brutale, tragique et entourée de mystère. La seule chose que l’on sait depuis hier soir, est qu’on ne sait rien. Deux centaines de passagers, équipage compris, se sont abîmés en mer quand ils auraient dû arriver à 11h10 sur le tarmac de Roissy ; parmi eux, 73 Français ; s’il advenait qu’il n’y eût aucun survivant (et l’hypothèse est quasi certaine), ce serait la pire tragédie aéronautique pour Air France. Voilà pour le synopsis à partir duquel l’on peut tirer le scénario dans tous les sens possibles.</p>
<p>Est-ce parce que le scénario s’étouffe que depuis hier les péripéties s’enchaînent dans l’horrible ? Il y a d’abord cette révélation : dix-huit salariés d’une même entreprise ont trouvé la mort ensemble alors qu’ils revenaient d’un séjour au Brésil qu’ils avaient gagné. Le tragique le dispute à l’horreur : dix-huit salariés, saisis dans la mort alors qu’ils étaient encore plein de l’insouciance et de la légèreté de ces voyages exotiques. Et puis aujourd’hui, comme une évidence, on donne la parole, faute de survivants, aux miraculés, à ce couple qui fit des pieds et des mains pour entrer dans l’avion qui aurait pu être leur tombeau, mais que la main de la Fortune a maintenus en vie.</p>
<p>On trouvera là un curieux parallèle avec l’histoire du nageur australien Ian Thorpe, présent dans les tours jumelles quelques minutes avant le terrible drame : pour lui, c’était l’oubli malencontreux de sa caméra vidéo qui l’a sauvé du destin funeste ; pour ce couple, c’est pour un ironique changement de billet inabouti parce que l’avion était complet… Ce n’est d’ailleurs pas le seul point commun que cet événement entretien avec le 11 septembre. Encore une fois, une catastrophe aérienne fait les gros titres, et pour la seconde fois, chamboule les programmes télévisés : JT en direct, et aujourd’hui déprogrammation de la série Fringe sur TF1, dont la première scène montre un crash d’avion… Et à mesure que les informations parviennent, se dessine lentement une conclusion blafarde : il est probable qu’on ne retrouve jamais les débris de l’avion, laissant l’énigme irrésolue comme lors du crash d’un avion de la TWA en 1996. On ne serait alors pas loin de la folie du complot identique à celle qui a saisi le 11 septembre.</p>
<p>On ne décrit jamais mieux un événement qu’en l’inscrivant dans une longue chaîne de tropes et d’items chronologiques, qui fonctionnent comme autant de repères inconscients. Le crash de Rio nous prouve l’indigence médiatique à s’emballer pour un événement dont on ne sait rien. Mais on sait, depuis longtemps, que les médias sont « <em>une industrie avant d’être un sacerdoce</em> » (Albert Thibaudet) : la course au scoop et au sensationnel a un peu plus, cette fois-ci, poussé l’horreur des victimes et des familles au-delà de ce qu’elles avaient déjà subi.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le Grand Pardon II</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 15:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’instar du buzz Susan Doyle, dont on dit qu’il faut revenir d’Irak pour ne pas en avoir entendu parler, ce week-end il fallait vraiment s’enterrer dans un abri antinucléaire pour ne pas entendre parler du Grand Pardon de Ségolène Royal, volume 2. Après la sortie du premier épisode dans toutes les salles de métropole et du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l’instar du buzz Susan Doyle, dont on dit qu’il faut revenir d’Irak pour ne pas en avoir entendu parler, ce week-end il fallait vraiment s’enterrer dans un abri antinucléaire pour ne pas entendre parler du<span id="more-81"></span> Grand Pardon de Ségolène Royal, volume 2. Après la sortie du premier épisode dans toutes les salles de métropole et du Sénégal, le second volume était attendu au tournant.</p>
<p>Je suis allé le voir. J’ai été déçu. Le premier ne m’avait déjà pas vraiment emballé : le personnage principal était un peu trop fantoche, trop madone, trop pleureuse ; on n’y croyait pas, à ce personnage d’opposante qui veut se tailler la carrure d’une présidente en taillant des costards au Présidents. Et puis, dans le genre personnage bouffie d’arrogance, je préfère Hubert Bonnisseur de La Bath, qui me décroche au moins des rires à m’en déboîter la mâchoire. C’est peu dire que j’ai visionné le second épisode avec beaucoup de circonspection et, pour le coup, d’a priori. Je ne suis pas sorti de ces jugements.</p>
<p>Si j’ai pu a posteriori reconnaître une certaine habileté au contre-discours de Dakar, joli coup stratégique en dépit d’un profond mépris pour l’ordre constitutionnel, qui doit pourtant être la pieuse Bible de tout postulant à la magistrature suprême, en revanche ce second opus est d’une indigence crasse. J’ai trouvé chez Aliochaune très bonne critique à laquelle je n’ai rien à ajouter : le comique de répétition va bien cinq minutes, mais la stratégie de Ségolène de développer un nombre incalculable de spin-off à la manière des <em>Experts</em> lasse très vite.</p>
<p>J’espère pour Ségolène que les producteurs (qui sont tous de gauche, vous le savez) la rappelleront en 2012 : c’est si triste de voir une actrice bankable connaître la déchéance publique.</p>
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		<title>Pourquoi je n’achèterai pas le numéro 19 de Vendredi</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:42:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La journée de la femme arrive à grand pas, et Vendredi sort un numéro entièrement écrit par des femmes. Comme prévu, ça trolle partout et ça fait débat. Je vous invite à aller lire ici, ici, ici, ici et ici. Ce numéro, je ne l’achèterai pas. Après réflexion, l’orientation féministe du numéro spécial n’est pas nécessairement le pire de mes griefs. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La journée de la femme arrive à grand pas, et Vendredi sort un numéro entièrement écrit par des femmes. Comme prévu, ça trolle partout et ça fait débat. Je vous invite à aller lire ici, ici, ici, ici et ici. Ce numéro, je ne l’achèterai pas.<span id="more-47"></span></p>
<p>Après réflexion, l’orientation féministe du numéro spécial n’est pas nécessairement le pire de mes griefs. Je déplore cependant qu’il soit impossible, au XXIe siècle, d’être un tant soit peu critique envers certains discours et actions féministes sans être taxé de machos qui a des problèmes avec sa virilité. Ces femmes qui crient haut et fort qu’elles veulent faire de la politique autrement et qu’elles ont des qualités que les hommes n’ont pas, visiblement sont incapables de débattre sans se jeter des anathèmes qui ne font pas avancer le schmilblick, et de se remettre en question.</p>
<p>Je fais partie de ceux qui plaident pour l’égalité salariale, pour une meilleure législation qui permettrait de mieux concilier travail et vie familiale, et évidemment pour une meilleure représentation des femmes à l’Assemblée (mais pas uniquement : il y a d’autres composantes sociales qui manquent à l’Assemblée). Pour autant, ça ne m’empêche pas d’exécrer les féministes, qui sont dans leur très grande majorité focalisée sur le chiffre de la parité plus que sur son principe.</p>
<p>Quand je vois Olympe faire des calculs d’apothicaire sur le classement Wikio pour déplorer que sur les 20 blogs politiques les plus influents, il n’y ait pas assez de femmes, je trouve ça risible. De même quand je l’entends dire qu’elle a effectué des statistiques (!) sur les numéros de Vendredi pour connaître le taux de publication des blogs de femmes. Au bout d’un moment, il faut savoir coopérer : ou bien les féministes jouent les inspecteurs des travaux finis et passent leur temps à harceler tous ceux qui n’ont pas atteint la parité, ou bien on est un tant soit peu progressistes et on considère que le principe vaut mieux que le résultat lui-même. Vendredi a toujours publié des blogs de femmes, certes moins que les hommes (et pas pour les raisons machistes qu’évoquent Olympe et d’autres). Il a toujours fait primer le contenu du billet sur leur auteur, même si je trouve depuis quelques numéros que le pool de blogueurs tend à se fossiliser autour d’une vingtaine de blogs.</p>
<p>Encore une fois, on prend un classement qui ne signifie rien pour le détourner à des fins politiques. Le collectif des Femmes Engagées, c’est comme les Left Blogs : se linker mutuellement, se bombarder de commentaires mutuels, pour grimper artificiellement dans le classement. C’est une pure démarche d’affichage. Il s’agit d’attester qu’il y a des blogs féminins qui sont lus et qui sont influents. Influents par leur qualité ? On s’en fiche ! C’est la même démarche que ceux qui prennent à tout prix des femmes sur leurs listes électorales, sans regarder leurs compétences concrètes. Je ne crois pas que ce soit servir la cause des femmes que de les utiliser comme ça.</p>
<p>Si je n’achèterai pas Vendredi aujourd’hui, c’est parce que ce numéro va à l’encontre du projet qu’on m’avait proposé au moment des numéros d’essai. L’objectif de Vendredi, qui figure toujours en slogan en une, c’est « <strong>chaque semaine, les meilleures infos du net.</strong> » Or, ce n’est absolument pas ce qu’on aura dans ce numéro, qui est centré sur la femme. Que Vendredi invite un collectif de femmes à jouer les rédactrices en chef et à sélectionner elles-mêmes les billets, je trouve l’idée très séduisante, et on pourrait la reproduire pour d’autres groupes (blogs de gauche, de droite, européens, etc) : chacun à une sensibilité différente vis-à-vis de l’information, et le pluralisme est une bonne chose. Mais que ces femmes rédactrices en chef d’un jour ne publient que des blogs de femmes, je ne vois pas l’intérêt. C’est l’auteur du blog qu’on veut mettre en avant, et pas l’information qu’il publie ! Le journal est détourné de sa fonction première pour d’autres fins, et ça ne me plaît pas. Comme ça ne me plairait pas de lire un journal qui ne publie que des articles ouvertement de gauche, ou autres combinaisons.</p>
<p>Et pour répondre à celles et ceux qui sont focalisés sur le chiffre de « 1 numéro dans l’année, c’est 1/52e, c’est pas la mer à boire », je répondrai que ça ne change rien. Allez plaider devant un juge que certes, vous avez volé, mais c’était un petit montant. Ca n’enlève en rien le principe initial. Alors certes, ce n’est qu’un numéro, inutile d’en faire toute une montagne. Mais ça n’est pas une raison pour ne pas en parler, ni non plus pour ne pas l’acheter. Il y aura donc un trou dans ma collection, et il y en aura à chaque fois que le journal tombera dans l’entre-soi.</p>
<p>Ce qui ne m’empêche pas de soutenir encore et toujours le projet du journal. Mais avec esprit critique.</p>
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		<title>De Marbella à la République des Blogs</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:25:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ségolène Royal est furibarde. Paris-Match, le journal des politiques-qui-voudraient-vivre-l’über-vie-de-Beyoncé, a publié des clichés pseudo-volés de Ségolène Royal main dans la main avec un homme d’affaires français. Ah la la, ça ne se passera comme ça, qu’elle dit la Ségolène : allez, au trou les journalistes gonzo ! C’est que les photos, publiées juste après son passage en Guadeloupe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ségolène Royal est furibarde. <em>Paris-Match</em>, le journal des politiques-qui-voudraient-vivre-l’über-vie-de-Beyoncé, a publié des clichés pseudo-volés de Ségolène Royal main dans la main avec un homme d’affaires français. <span id="more-36"></span>Ah la la, ça ne se passera comme ça, qu’elle dit la Ségolène : allez, au trou les journalistes gonzo ! C’est que les photos, publiées juste après son passage en Guadeloupe, font un peu « <em>télescopage</em> », comme elle dit. Ah ! les grandes figures de la gauche qui couchent dans des draps de soie avec des barons d’affaires dans des palmeraies sublimes et qui, la braguette rezippée, s’en vont pourfendre le capitalisme destructeur ! Toujours ce paradoxe irrésolu : Julien Dray fait dans ses chausses quand on révèle son goût pour les montres et Ségolène Royal toussotte quand on photographie ses batifoleries andalouses. Du côté de la Madone du Poitou, on crie au viol de la vie privée et à l’avilissement de sa dimension politique, qu’on voudrait décrédibiliser en la rétrogradant au rôle plastique d’icône people. Du côté de <em>Paris Match</em>, on tonne à l’hypocrisie : « Mais la peste soit de la suffisante Ségolène ! Quelle déplorable manie est-ce là que ces hommes politiques qui courtisent les journalistes quand il faut se faire flasher en terrain politique, et qui refusent toute image compromettante ? » Pointe-à-Pitre, touché. En effet, Ségolène est prise à son propre piège. Sa stratégie politique est identique à celle de Sarkozy : monter grâce aux médias. Son voyage en Guadeloupe, c’est communication de tarmac à tarmac. Ses frasques obamaniaques, c’est délire présidentiel et médiatique. Sauf que les médias sont moins bêtes qu’ils en ont l’air : vous leur donnez le doigt, ils réclament légitimement le bras. Si tu veux être star comme Beyoncé, attention dans ce cas à ne pas sortir sans maquillage oulardée comme une truie !</p>
<p>Hier, Benoît Hamon était à la République des Blogs, pour débattre des élections européennes. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a déçu. Tout le monde attendait un débat informel, autour d’une mousse, avec podcasting à mort et éclairages merdiques. Oui mais Benoît il aime pas ça. Il veut contrôler chaque image. Alors on s’arrange pour faire venir CAPA qui se chargera de vendre le sujet à Canal, histoire de montrer que Ben, c’est grave un djeunz politique. De toute façon, blogs ou autres médias, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, comme il l’a dit hier. C’est vrai qu’à l’heure des iPhone et autres sorcelleries technologiques, un petit off qui buzze serait si vite arrivé, comme un doigt un peu turgescent qui gigoterait, ou un montage exclusif de « Euuuuuuuuuh… » Pas bon, pas bon, tout ça, pour la communication.</p>
<p>N’ont-ils pas encore compris que cela ne sert pas à grand chose de vouloir tout contrôler par peur de la petite phrase assassine ? Allez Benoît, viens prendre une mousse à la RDB. Tu verras, les blogueurs aiment bien qu’on ne les prenne pas pour des journalistes charognards ; ils aiment le contact personnalisé et informel, sincère et sans arrière-pensée. Et (mais chut c’est un secret) il paraîtrait même que ça serait une super occasion pour engendrer du buzz positif. Les marques ont commencé à le piger.</p>
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		<title>Cali, ça suffit !</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:12:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Comment passer de la subtilité de l’artiste engagé au ridicule grossier de l’artiste encarté ? C’est Cali qui nous éclaire le mieux. Jadis, les aînés, Ferré ou Brassens, inséraient dans leurs chansons cette poésie subversive et éminemment politique. Le génie faisait le reste : il en résultait que les chansons formaient un tout, sans scorie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comment passer de la subtilité de l’artiste engagé au ridicule grossier de l’artiste encarté ? C’est Cali qui nous éclaire le mieux. Jadis, les aînés, <span id="more-30"></span>Ferré ou Brassens, inséraient dans leurs chansons cette poésie subversive et éminemment politique. Le génie faisait le reste : il en résultait que les chansons formaient un tout, sans scorie politicarde et pseudo-rebelle. Aujourd’hui tout a changé.</p>
<p>Cali est de ces artistes qui nous servent une soupe rebellocrate arrosée de militantisme vulgaire. Les chansons ne sont plus originellement subversives, elles sont retravaillées pour le format télévisuel : les paroles changent, les saillies politiques lors des bridges ou des fins de chanson font mine de donner ce caractère improvisé et donc totalement rebelle en regard du cadre si bourgeois et formaté de la prestation télévisuelle en direct. Cali ne fait pas de chansons engagées : il détourne ses chansons pour faire passer un message, souvent d’une affligeante bêtise.</p>
<p><object width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/M3wvnhDTCBM&amp;hl=fr&amp;fs=1"></object></p>
<p>Ses passages télévisuels se résument souvent à proférer cette bouillie politicienne du haut de son statut d’artiste, à tel point que le CSA l’a inscrit dans la liste des personnalités socialistes dont le temps de parole est à décompter. Quand on l’asticote sur cette posture faussement rebelle, Cali s’énerve. Il veut qu’on parle de ses chansons, pas de ses positions politiques. J’ai un conseil : qu’il se borne donc à chanter. A vouloir prouver son engagement plutôt que de l’éprouver, il prend en otage un public à qui il vocifère des prescriptions morales et politiques</p>
<p>Hier soir, aux Victoires de la Musique, j’ai eu l’impression que nous étions sous l’Occupation. Expulsions, rafles, horribles âges obscurs de la démocratie, qu’il nous mettait sous les yeux. Cali venait nous dessiller les yeux. Hier j’ai compris que le second prénom de Nicolas Sarkozy était Adolf, et qu’il nous fallait entrer en résistance et prendre le maquis contre les vieux démons qui menacent la liberté et la dignité mondiales.</p>
<p>Cali, c’est le Sarkozy de la chanson française : un histrion gesticulant, sautillant partout, insaisissable aux caméras qu’il fait ainsi semblant de fuir, mais dont il se goberge pourtant. Un dynamisme scénique entrecoupé de paroles de chanson qu’on oublierait presque. Cette même façon de faussement se défendre de faire de la politique brute.</p>
<p>Mais quand on gratte un peu, on comprend mieux le personnage. Alors qu’il avait juré de ne jamais servir la soupe aux émissions de téléréalité, voici que sa dernière chanson est choisie comme générique de la première Star Academy québécoise. Gênant, n’est-ce pas ? C’est ainsi que terminent tous les faux artistes engagés : vendus à la course aux disques, bourgeoisement installés dans de grands appartements. Dans le monde du tout médiatique, qui adore ces disruptions politiques dans les prestations en direct parce qu’elles génèrent de l’audience, ces artistes feraient bien de comprendre qu’ils ne sont que des pions. Et d’en adopter les comportements qui s’imposent : ne pas faire de vagues, ou quitter la scène médiatique.</p>
<p>On pardonne tout aux artistes qui ont du talent et de la subtilité. Alors brûlons Cali.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Petit exercice de syntaxe journalistique</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 13:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La mise en récit des événements par la presse donne toujours lieu à des construction très intéressantes lorsqu’on analyse l’impact qu’elles produisent. Exemple avec l’Express. L’Express de ce jour revient sur la motion de censure qu’ont défendue aujourd’hui les socialistes et que votera François Bayrou. Le titre est limpide : « Soutenu par Bayrou, le PS présente sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La mise en récit des événements par la presse donne toujours lieu à des construction très intéressantes lorsqu’on analyse l’impact qu’elles produisent. Exemple avec l’Express.<span id="more-4"></span></strong></p>
<p>L’Express de ce jour revient sur la motion de censure qu’ont défendue aujourd’hui les socialistes et que votera François Bayrou. Le titre est limpide : <strong>« Soutenu par Bayrou, le PS présente sa motion de censure. »</strong></p>
<p>Si le titre est factuellement vrai (le PS présente bien une motion de censure, et Bayrou lui a bien apporté son soutien), il n’en produit pas moins un effet étrange quand on gratte la surface. Le PS est un mastodonte parlementaire avec ses presque 200 députés ; Bayrou, une souris, avec trois pèlerins dont un ultramarin qui, comme tous les députés d’Outremer, est considéré comme un député de seconde zone. Bayrou, de sa voix unique et infinitésimale, va donc épauler un PS minoritaire dans sa tentative de renversement du gouvernement : c’est un peu le baroud d’honneur de David contre Goliath.</p>
<p>Le plus intéressant dans cette image est ce qu’elle laisse apparaître en filigrane : Bayrou serait donc en mesure de soutenir le PS. Bayrou pèserait donc un poids équivalant à celui du PS, et Bayrou et le PS alliés, c’est la majorité de la population qui serait contre le gouvernement ! Les médias, l’Express en tête, font donc mentir tous les contempteurs de Bayrou qui lui objectent de ne plus représenter que lui-même. Pour les médias, Bayrou au contraire représente encore quelque chose, et c’est ce qui explique aujourd’hui qu’on n’arrive pas à l’enterrer. Increvables, les Béarnais…</p>
<p>Comme quoi, quand les médias se mettent à écrire comme des pieds, l’inconscient parle. Continuez les perles, messieurs les journalistes !</p>
<p>&nbsp;</p>
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