Députés godillots : une initiative ambigüe

Depuis quelques temps, les initiatives citoyennes de contrôle parlementaire se multiplient : classement de l’activité des députés européens, même chose en France, et maintenant le site des députés godillots. Louable initiative, tant les escarmouches et les chausses-trappe sur la loi Hadopi ont montré que le métier parlementaire est parfois un camp de vacances.

Le site établit donc des fiches précises concernant les godillots, en fonction du nombre de leurs interventions en séance et de leur activité parlementaire. Comme le relève très justement mon camarade Authueil, un tel classement est à prendre avec des pincettes, tant les critères pour établir un classement sont assez ardus à réunir et ne peuvent en aucun cas se résumer à des données de présence. En outre, un « bon » député n’est pas nécessairement un député « hyperprésent » : l’efficacité du député est une part importante de ses compétences, et cette efficacité n’est pas aisée à définir selon une liste de critères !

L’initiative est intéressante et documentée : on n’est clairement pas avec ce site dans le sillage de tous ces blogs pseudo-vigilants qui passent leur temps à faire du député-bashing très primaire. Toutefois, je soulève un point important à prendre en compte : il ne faut pas que le contrôle se résume à débusquer les godillots ! Tout processus de contrôle est par nature négatif, en ce sens qu’il se focalise sur les points noirs. Le site propose donc également une liste des anti-godillots, afin de faire le pendant à ceux qui sont vilipendés. Attention donc à ne pas verser encore une fois dans un antiparlementarisme trop systématique en France depuis la République des Jules…