L’armée mexicaine du PS

Après s’être déchirés à Reims, il semblerait que les socialistes veuillent enterrer la hache de guerre et mettre un terme à la Guerre des Deux-Roses. Du moins c’est ce qu’il apparaît de laréintégration des royalistes dans la direction du PS. Car dans la réalité, il en est autrement : la douzaine de secrétaires nationaux royalistes qui ont rejoint la direction sont tous des seconds couteaux ! Rebsamen, Bianco, Valls et Peillon, pour le moment, ceinture ! Cela prouve que la réconciliation est encore loin d’être acquise.

Quant au nombre des secrétaires généraux, c’est une vraie armée mexicaine : le record d’Hollande après le congrès du Mans a été battu ! Pourtant, Martine Aubry avait promis une direction resserrée pour organiser un shadow cabinet efficace. Mais comme d’habitude, les alliances, les ralliements, s’achètent à coup de places. C’est comme la vénalité des offices sous l’Ancien Régime, sauf que l’argent est remplacé par la promesse de se tenir tranquille et de ne pas faire chier. Même logique au gouvernement : quinze ministres, avec parité, pour la vitrine, et derrière, une ribambelle de secrétaires d’État pour caser les petits copains !

Le problème du leadership du PS vient de là en particulier : comme dans les armées révolutionnaires latines, comme dans la nomenklatura stalinienne, on crée des postes pour récompenser un homme et non pas pour répondre à une situation. Le gouvernement peut le faire lui, car il n’a rien à prouver, il n’est pas dans l’opposition. Mais pour le PS, avancer avec autant de monde, c’est l’assurance de n’arriver à rien du tout !