Martine Aubry séquestrée ?

C’est l’hôpital qui se fout de la charité, dit l’adage populaire. Qui eût cru qu’alors même que des salariés séquestrent leurs patrons à tours de bras pour attirer les projecteurs sur la situation sociale désastreuse de certaines entreprises et sur l’impossibilité de trouver une once de dialogue social entre patrons et salariés, et que le PS, tout heureux de pouvoir surfer sur la contestation, il se retrouverait lui-même pris par la patrouille ?

L’affaire a de quoi faire sourire. Au moment où Ségolène Royal évoque sa profonde et sincère compréhension pour ces salariés à bout qui recourent à la privation temporaire de liberté, voici qu’au siège du PS, rue de Solférino, les permanents font sourdre la colère. Selon un tract émanant d’une centaine de salariés, les griefs reprochés fleurent bon ceux scandés à Gandrange ou à Clairoix : « violation de la convention collective », « non-remplacement de plus de 20 postes vacants », « réorganisation sans évaluation préalable des besoins », n’en jetez plus. Il ne manquerait plus que Besancenot fasse un passage médiatisé à Solférino !

« Le dialogue social : actif à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur ». Voilà un slogan qu’il est bon pour les européennes !