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	<title>Nick Carraway &#187; sarkozy</title>
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		<title>Sarkozy, un nouveau Louis XV</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 14:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand on évoque Sarkozy, on pense immédiatement à Napoléon III, Napoléon le Petit, comme le taxait Victor Hugo, à qui il reprochait ses vaines gesticulations et son goût immodéré pour les paillettes et l’argent. Autant de reproches qu’aux temps de la bling-bling présidence, on trouvait particulièrement pertinents. Si l’on veut jouer cependant à monarchiser les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on évoque Sarkozy, on pense immédiatement à Napoléon III, Napoléon le Petit, comme le taxait Victor Hugo, à qui il reprochait ses vaines gesticulations et son goût immodéré pour les paillettes et l’argent. <span id="more-33"></span>Autant de reproches qu’aux temps de la bling-bling présidence, on trouvait particulièrement pertinents. Si l’on veut jouer cependant à monarchiser les présidents, c’est du côté de Louis XV qu’il faut tenir la comparaison.</p>
<p>Louis XV et Nicolas Sarkozy, c’est l’histoire d’un désamour croissant de l’opinion. Seul survivant de la famille royale quand le long règne du Roi Soleil s’éclipse, Louis XV s’extrait de la Régence dePhilippe d’Orléans, parent le plus proche de Louis XIV. Le Roi Soleil n’avait pas manqué d’inclure dans son testament des clauses très restrictives pour limiter le pouvoir du Régent, qu’il soupçonnait de vouloir prendre la couronne ; le Régent fera casser ce testament. En 1722, arrivé majeur, Louis XV parvient à reprendre les rênes du pouvoir. Nicolas Sarkozy, c’est un peu la même histoire : un long règne de Chirac Ier, un testament officiel en faveur de Dominique de Villepin, et un Régent de droit, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP ! Sauf que l’issue est différente.</p>
<p>Dès les premières années de son règne, Louis XV est porté par un fort assentiment populaire : il en garde jusqu’à sa mort le surnom de Bien-Aimé. Une épiclèse qui seyait bien au président à l’été 2007, dans le grand raout ringard et patriotique de la fête de la Concorde, les joggings matinaux et les Ray-Ban en permanence sur les yeux.</p>
<p>Comme le monarque, Nicolas Sarkozy est un grand fan du pouvoir personnel. Les deux veulent tout diriger, tout contrôler. Cela passe par les cabinets secrets, qui dépossèdent les ministres de leurs propres attributions. Claude Guéant, David Martinon, Jean-David Lévitte, François Pérol, sont les nouveaux d’Argenson, Machault d’Arnouville, et la Pompadour. A la volonté royale, il ne peut y avoir nul obstacle : aussi l’un comme l’autre accordent-ils un grand soin à mettre au pas les Parlements, dont les délibérations verbeuses ne font qu’entraver la marche de l’État.</p>
<p>L’un comme l’autre finissent désavoués par l’opinion. Les réformes de Machault d’Arnouville sur la justice fiscale et la création d’un impôt pour les grandes fortunes échouèrent lamentablement ; les nombreuses guerres laissèrent un déficit de plus de 100 millions de livres qui ne fut jamais comblé. Les frictions avec le Parlement se cristallisèrent à un point tel que le roi fut taxé de tyrannisme, et le Parlement se fit le défenseur naturel des lois fondamentales du royaume, auxquelles les rois ne pouvaient déroger (comprenez : un ancêtre de Constitution), et pourtant arbitrairement bafouées. Toute ressemblance avec un enlisement des réformes actuel, des tensions grandissantes avec le Parlement, y compris avec le parti du roi-président, et des agissements à la limite de la légalité, est naturellement tout à fait fortuit.</p>
<p>Comme toujours, quand il s’agit d’être impopulaire, ce sont les femmes qu’on incrimine, ces avaricieuses intrigantes qui exercent un pouvoir par l’oreiller. La Pompadour, c’est la Rachida Dati de l’Ancien Régime, à ceci près que la diva de la Place Vendôme n’est pas un ministre sans portefeuille, mais plutôt un portefeuille sans ministre. Ah ! que le Bien-Aimé n’eut fait tomber en disgrâce la Pompadour pour faire remonter sa cote de popularité ! Le nez plus fin, le Jadis-Bien-Aimé a largué les poids lourds auparavant joyaux de luxe pour faire remonter l’aéronef. Peine perdue : la disgrâce du Garde des Sceaux à la Cour élyséenne et les génuflexions déférentes et enamourées de Rama Yade ne seront sujettes à remise en cause.</p>
<p>En 1757, Robert François Damiens commet le crime de lèse-majesté en égratignant superficiellement d’un canif la bedaine royale emmitouflée dans ses habits d’hiver. En février 2008, un sombre et anonyme régicide commet le crime de lèse-président en égratignant superficiellement l’amour-propre présidentiel. En l’espace d’un millénaire, les monarques français ont perdu de leur superbe : au tournant de l’An Mil, on leur donnait des pouvoirs thaumaturgiques : par l’apposition des mains, les rois pouvaient guérir les purulentes écrouelles ; au salon de l’Agriculture, le Président de la République a des mains sales dont il doit se garder de les poser sur ses augustes sujets. Quand Damiens l’érafle, Louis XV, tout enveloppé de la majesté royale, conserve un calme olympien ; quand l’odieux régicide l’alpague, notre jadis-bien-aimé Président sort de ses gonds : « Casse-toi pauv’ con ». L’élégance est décidément une vertu royale. Mais il n’est pas dit, foi de monarque, qu’en monarchie, même élective, les odieux régicides ne soient pas sévèrement punis pour restaurer la majesté égotique royale dans sa diginité. Damiens est écartelé en place de Grève après avoir subi moult châtiments destinés à démontrer ostensiblement le terrible bras vengeur de la puissance royale. Pour un pannonceau vulgaire, on promet au citoyen Hervé Éon les foudres apocalyptiques (et même plus) de la justice ; mais las ! la condamnation est symbolique : ah ! ces magistrats, encore un obstacle à la volonté présidentielle ! Et tant d’autres, encore, ont avili la digne majesté présidentielle, et devront croupir dans les immondes geôles du Châtelêt !</p>
<p>En 1774, Louis XV, devenu depuis plusieurs années neurasthénique et profondément déprimé, meurt de la petite vérole. Un signe prémonitoire ?</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>N’exagérons rien</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 13:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
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		<description><![CDATA[L’UMP a tenu le congrès qui a triomphalement intronisé Xavier Bertrand au secrétariat général et reconduit à l’unanimité le bureau. Métamorphosée, la droite sarkozyste ? N’exagérons rien. Il y a certains que la came sarkozyste fait sérieusement bander. Au point d’en perdre tout sens critique. Paul-Henri Limbert, plus flagorneur que journaliste, livre encore une fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’UMP a tenu le congrès qui a triomphalement intronisé Xavier Bertrand au secrétariat général et reconduit à l’unanimité le bureau. Métamorphosée, la droite sarkozyste ? N’exagérons rien.<span id="more-6"></span></strong></p>
<p>Il y a certains que la came sarkozyste fait sérieusement bander. Au point d’en perdre tout sens critique. Paul-Henri Limbert, plus flagorneur que journaliste, livre encore une fois un éditorial au cirage. <em>Bis repetita placent</em> ? Il avait déjà commis un attentat intellectuel en saluant le pragmatisme sarkozyen au moment de la crise à l’automne.</p>
<p>Il a donc bissé. Revenant sur le congrès de l’UMP, Limbert salue une droite enfin décomplexée, qui n’hésite plus depuis la campagne de 2007 à aborder franchement certains thèmes de société comme l’immigration, les sales chômeurs et les fonctionnaires fainéants. Sarkozy, libérateur d’une droite coincée ? C’est un peu aller vite en besogne. C’est surtout considérer que la droite est ataviquement crypto-raciste, peu soucieuse de son administration et dispensatrice de conseils à la Guizot version Monsieur Prudhomme : « <em>Vous voulez de l’argent ? Eh bien, travaillez plus, mon jeune ami, ou travaillez : quand on veut, on peut.</em> » Or, il y a des droitiers purs et durs que cette tambouille surgelée répugne. Sauf qu’ils se font discrets depuis que Chirac les a lâchés au coin du bois. Les anciens rejetons de la droite gaulliste, très centriste dans le fond, et qui avaient installé les barbelés sur leur droite, se retrouvent maintenant à poil, dépossédés de leur mainmise idéologique sur une droite dont une frange néolibérale a senti au doigt mouillé que le salut viendrait de l’est. Pas de Moscou, non, mais d’une droitisation du discours. Pour anéantir Chirac, il fallait nécessairement bouger.</p>
<p>Sauf que, une fois la conquête venue, Sarko a bien compris que la France se gouverne toujours au centre. Formidable ! s’extasie Limbert. Oui, non seulement la droite est réconciliée avec elle-même, mais en plus elle se découvre un « <em>tropisme de gauche</em> » : promotion de la diversité, ouverture à gauche, mise en place du RSA, gros coup de colère contre les banquiers, responsabilités écolo, retour de l’État, etc.</p>
<p>De gauche, l’UMP ? N’exagérons rien. Le philanthropisme dix-neuviémiste de la droite a vécu. Jadis, oui, la droite était d’une certaine manière de gauche. Le catholicisme bien moral et réac’ forçait une droite remplie de barons industriels a développer des actions de charité, du mécénat, à organiser devant soi un zoo humain avec lequel on faisait joujou. Le paradis, ça s’achetait. Aujourd’hui, cette droite-là n’existe plus, la droite hédoniste et individualiste l’a remplacée, qui place l’avancement personnel au-dessus de tout et qui de morale, ne connaît que celle qu’il faut marteler dans le cigare de nos gosses.</p>
<p>Rappellera-t-on que le factice tropisme sinistrogyre de l’UMP ne vise qu’à mettre le PS en face de ses propres échecs ? Le débauchage de personnalités de gauche est un crime attentatoire destiné à attiser les déchirures internes dans un parti sclérosé. La promotion de la diversité, ce n’est qu’un alibi, un pied de nez espiègle comme il en existe tant dans les cours de récréation : «<em>Moi j’ai fait c’que t’as pas fait-euh, nananinanère !</em> » Surtout, Sarkozy s’est découvert une âme de pragmatique. Ah ! le joli mot. La course tous azimuth érigée en principe directeur. Ou comment être de gauche, de droite, partout et donc nulle part tout à la fois. L’État doit donc se remettre en selle depuis la crise mondiale ? Mais alors, pourquoi vouloir poursuivre à tout crin la politique de dégraissage des effectifs d’État ? Moraliser le capitalisme financier et distribuer les râclées — qu’on veut redonner aux professeurs dans leur arsenal pédagogique — aux banquiers peu scrupuleux vis-à-vis de l’épargne publique ? La belle affaire ! Je vous donne de l’argent, mais c’est la dernière fois, hein ?</p>
<p>Populaire, la droite ? Le mot est dénaturé de son sens à un tel point qu’on pourrait le remplacer par xylophone qu’on n’y verrait pas la substitution. Nadine Morano se déhanchant à Royan ou se faisant tripoter par quinze paires de bras qui lui font faire l’avion, c’est être populaire ? Parler com’ Georges Marchais, c’est êt’ populaire, m’am’ Chabot ? Se mettre subitement à faire du jogging comme plein de Français, c’est être populaire ? Populiste conviendrait mieux : les études de marché ont été soigneusement réalisées. La marque UMP doit flatter le péquin moyen qui aime jouer au PMU sa Gitane au bec pendant que sa grognasse à bigoudis est scotchée devant la Star Ac’ ou Michel Drucker. Le Français aime qu’on lui renvoie une bonne image de lui, tout arrogant qu’il est. Il aime pouvoir se mirer dans des représentants qui l’enferment cependant dans des visions stéréotypées. La masse est une crasse.</p>
<p>Finalement, là où l’UMP est clairement de gauche, c’est dans les scores staliniens du congrès et dans les magouilles dignes du Kremlin version Oulianov. Raffarin réélu à 93% des voix, Xavier Bertrand plébiscité à l’unanimité par le Bureau politique, un Secrétaire général désigné par le Président et légitimé <em>post-partum</em> par un vote godillot, une opposition inexistante…</p>
<p>Monsieur Limbert, l’amour rend aveugle. Et la branlette rend sourd.</p>
<p>&nbsp;</p>
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