Vers la réhabilitation ?

Lors de la commémoration pour le 90e anniversaire de l’armistice de 1918, Nicolas Sarkozy avait fait un demi-pas vers la réhabilitation, en prononçant une réhabilitation mémorielle des fusillés de 14-18, mais en faisant indiquer que l’Etat n’irait pas au-delà. C’est en la matière la posture la plus consensuelle : la réhabilitation dans l’honneur et la distinction des Français est prononcée, mais l’officialisation par une reconnaissance de la part de l’Etat est soigneusement évitée pour ne pas ouvrir le débat. Car la question insoluble est : quelle limite au service patriotique de la Nation ? Doit-on mourir pour sa patrie ou peut-on s’y refuser si l’on estime que le jeu n’en vaut pas la chandelle ? Et, surtout : la désobéissance militaire peut-elle être justifiée ? Autant de lourds débats sujets à des empoignades scientifiques. Pourtant, ce genre de sujet n’est pas de nature à susciter un vuf débat dans la société : les anciens combattants sont trop peu nombreux, la société est trop abreuvée de pacifisme pour avoir une idée claire (et intéressante) sur le patriotisme. Je ne sais pas, à vrai dire, quelle est la pudeur qui empêche l’Etat de prononcer une réhabilitation totale, mais le fait est qu’il s’y refuse.

Juste avant Noël, des sénateurs de gauche ont déposé une proposition de loi allant en ce sens. Débat qui n’en finit pas, mais à suivre…